Groupe scolaire du Moussel – Un cocon pour bien apprendre

Publié le13 janvier 2026 » 145 Views»

Dans le cadre du Plan Ecole, la municipalité a décidé de bâtir un nouvel établissement au Moussel. Ce projet, mené par CFL Architectes et baptisé « le village des enfants », mobilise 7 millions d’euros.

La pédagogie évolue, l’architecture aussi. Les lieux doivent aujourd’hui répondre aux nouvelles façons d’enseigner. Or, à l’école du Moussel, les murs respirent une époque révolue. « Cet établissement, regroupant maternelles et élémentaires, est composé de bâtiments disparates sans véritable lien entre eux », constate Dominique Morin, maire-adjointe en charge de l’éducation. Avec Arc-en-Ciel, l’école du Moussel constitue la cible prioritaire de la municipalité dans son développement de ce qu’elle appelle « l’école du futur ». Si la première fait l’objet d’importants travaux de rénovation, la seconde s’oriente vers une reconstruction totale en lieu et place des anciens bâtiments. « En 2025, nous avons lancé un concours d’architectes pour le Moussel, trois finalistes étaient sélectionnés », raconte Mme Morin, « le projet du lauréat, CLF Architectes, se démarque car il intègre une véritable réflexion sur le parcours de l’élève au sein des murs de l’école. » Ce cabinet a donc décroché le marché d’un montant d’un million d’euros, les six autres étant réservés aux travaux. Le chantier proprement dit débutera en 2027 après une année d’études.

Bien-être, sécurité et écologie

Sélectionné avec une note de 83/100 par le jury, le « village des enfants » du cabinet CFL est imaginé comme un cocon protecteur pour les 180 écoliers du Moussel. Doté d’un vaste parvis ouvert sur le quartier, l’établissement est construit autour d’une « cour-oasis » de 700 m² fortement végétalisée pour les maternelles. Au premier étage, dont la structure est en bois, se trouve l’espace dévolu à l’élémentaire, agrémenté d’une grande cour de 1000 m². Quant au city-stade, il a été déplacé du côté de la rue Jaudin et s’agrémente de gradins afin d’en faire un lieu de jeu et de spectacle accessible aux habitants. Par ailleurs, cette école du futur comprend plusieurs pièces modulables pouvant servir à la vie citoyenne du quartier, et à des partenaires extérieurs, en dehors des 180 jours annuels de classe. Outre un grand espace réservé aux activités périscolaires, deux salles de régulation sont entièrement polyvalentes dans leurs usages. Doté de la norme RE2025, le projet intègre également un important volet environnemental. Premier établissement du genre à Vernon, ce « village des enfants » conjugue écologie, sécurité et bien-être afin de former une nouvelle génération de citoyens.

3 Questions à CFL Architectes Ecole du Futur3 QUESTIONS A

Hassen Kammoun & Yacine Boukhalfa – Associés chez CFL Architectes

Pourquoi avez-vous baptisé votre projet le « village des enfants » ?

Quand on construit une école, il faut se mettre à l’échelle de l’enfant. Celui-ci doit s’y sentir en sécurité et retrouver une sensation de cocon et des repères comme à la maison. Ainsi, notre école du futur a la forme d’un nid. Au rez-de-chaussée, aucune classe de maternelle ne donne sur l’extérieur, tout est tourné vers la cour. Lors du passage en élémentaire, les enfants se retrouvent dans la grande cour, moins fermée et plus ouverte sur la ville. Le projet met l’accent sur cette sensation de sécurité, l’enfant est à l’abri dans son petit village.

Pouvez-vous développer votre concept de « cours oasis » ?

Pendant longtemps, la tendance était d’imperméabiliser le sol. Aujourd’hui, on laisse les enfants s’amuser dans les espaces verts. Cela leur permet de créer un lien avec la nature et de tomber sans risque. Dans la cour oasis, il y a des espaces imperméables pour faire du sport et d’autres plantés de végétation plus ou moins haute. La cour n’est pas un grand aplat, elle possède six ou sept revêtements différents adaptés à une météo et une pratique. Cela permet d’ouvrir le champ des possibles.

Comment l’esprit républicain de votre projet s’incarne-t-il ?

Le bâtiment est d’abord une école, certes, mais c’est également une maison commune. Dès qu’on la voit, on sait qu’il s’agit d’un bâtiment public, c’est un repère institutionnel et républicain. Nous avons voulu que l’école soit ancrée au sol grâce à un mélange béton/pierre afin de marquer ses limites sans tomber dans la raideur. Le premier étage en bois vient en alléger l’image. C’est un édifice républicain mais avec de la chaleur et un côté ludique.

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