Depuis le mois dernier, le site vernonnais du centre hospitalier (CH) Eure-Seine propose aux femmes victimes de mutilations sexuelles une prise en charge spécifique, psychologique comme chirurgicale.
Les chiffres donnent le vertige. En 2020, le monde comptait plus de 200 millions de femmes mutilées. En France, on estime leur nombre à 125 000. La plupart sont victimes d’excision, soit l’ablation du clitoris ou des petites lèvres. Une pratique rituelle interdite que l’on retrouve dans de nombreuses communautés, quels que soient le continent ou la religion. « En 2024, 1% des femmes qui ont accouché à Vernon étaient concernées, soit 6 ou 7 patientes », détaille Hélène Muszynski, gynécologue et cheffe du service maternité. Depuis deux ans, la médecin a ouvert une consultation spécialisée à Evreux. Désormais, elle reçoit également à Vernon en compagnie de Prudence Notuemambo, sage-femme, et de Sonia Radovic, psychologue. « La réparation est au cœur du parcours », ajoute Mme Muszynski, « elle peut passer par l’écoute, avec notamment un travail thérapeutique sur les liens familiaux ou l’identité sexuelle, mais également par la chirurgie. » Pour cela, la gynécologue pratique une opération en ambulatoire consistant à retirer la cicatrice laissée par l’excision. La consultation a lieu une fois par mois, sur rendez-vous.
