Première exposition de l’année au Pavillon des Jouets de Gao Bo, « Tu es fleur » réunit les œuvres de deux plasticiens dans une installation immersive.
« Certains visiteurs ont les larmes aux yeux quand ils ressortent », confie Gao Bo, créateur du Pavillon des Jouets. Jusqu’au 2 juillet, le centre d’art contemporain de Vernonnet accueille la création inédite d’un couple d’artistes. Et non des moindres puisqu’il s’agit de Fabien Chalon, plasticien de renommée internationale, et de Linda Tuloup, photographe à l’univers onirique empli de poésie. La voix de cette dernière accueille le visiteur qui vient de presser un unique bouton, installé à l’orée d’une grande salle noire. Un voyage de dix minutes commence alors. Des haut-parleurs s’échappent des vers du Cantique des Cantiques, que Linda égrène d’une voix de nymphe, tandis que, dans le fond de la pièce, une rose rougeoie telle le Buisson ardent. Différents éléments s’animent alors, donnant à voir les œuvres rassemblées par le duo dans une scénographie qui place le public au cœur de « Tu es fleur ». « Cette fleur, c’est le spectateur, c’est l’artiste, c’est l’humanité », glisse Fabien. L’expérience confine au mysticisme tant l’amour, au sens le plus élevé, transcende l’exposition. Les photos de Linda Tuloup, mues par un souffle d’air ou brûlées à la flamme, dégagent une sacralité païenne par le mélange d’éléments de la nature et de sensualité des corps. A travers plusieurs œuvres poignantes, Fabien Chalon évoque également l’enfance et l’amour maternel. Il expose ainsi une petite valise ancienne, vide, portant le nom d’une famille juive d’Europe de l’Est. « Je l’ai trouvée dans une poubelle en bas de chez moi », raconte-t-il, « j’ai ensuite découvert qu’elle appartenait à une branche de la famille de notre galeriste, Olivier Waltman, déportée pendant la Shoah. » En immortalisant ce destin, le plasticien rend hommage à la mémoire des hommes. « Notre mission d’artistes est d’aider le public à accéder à une dimension qui nous dépasse tous, à suggérer une transcendance », concluent Linda Tuloup et Fabien Chalon. L’exposition est visible gratuitement tous les weekends.

