Harold Debuck, chef de projet chez TERH

Publié le4 septembre 2018 » 249 Views»

Harold debuck chef de projet chez terhLa pierre de Vernon, un héritage artisanal et culturel à préserver

Les 15 et 16 septembre ont lieu les journées européennes du patrimoine. Rencontre avec Harold Debuck, chef de projet chez TERH Monuments Historiques, dernière entreprise à exploiter cette ressource typiquement vernonnaise.

Pourquoi la pierre de Vernon fait-elle la renommée de la ville ?

Sa première caractéristique est d’être très blanche, c’est un calcaire fin avec à l’intérieur des bouts de silex qui en font une pierre de taille unique au monde. Elle est très dure et résiste au temps. Elle a fait la renommée de Vernon par le passé car la ville est en bord de Seine et, logistiquement, c’était plus simple de transporter les blocs par bateaux le long du fleuve que d’aller en chercher ailleurs.

Dans quels monuments retrouve-t-on cette pierre ?

Son âge d’or a été le Moyen-Âge. On la retrouve dans la collégiale de Vernon bien-sûr, au Château-Gaillard, dans les cathédrales d’Evreux, de Rouen et du Havre, à l’abbaye du Bec-Hellouin et même jusqu’à Paris dans la rose de la Sainte Chapelle et des parties basses du Louvre.

De quelle façon votre entreprise perpétue-t-elle la tradition vernonnaise de la pierre ?

TERH est une entreprise qui restaure des monuments historiques. La pierre de Vernon est extraite par une de nos filiales. Elle est très particulière à tailler, il faut contourner les bouts de silex sans casser le bloc. Cela ne peut se faire qu’à la main. C’est un savoir-faire précieux pour lequel nous avons reçu le label « entreprise du patrimoine vivant ». Il faut aussi savoir où creuser, car sur une carrière on n’exploite que sur 2,50 mètres de haut, le reste n’est pas bon. L’extraction est une activité saisonnière qui dépend des autorisations préfectorales et dure quatre ou cinq mois par an. Le jeu est de réussir à renouveler ces autorisations afin de renflouer le stock pour les générations futures. C’est un enjeu pour la région, sachant que s’il n’y a plus de pierre de Vernon, on utilisera de la pierre venant de n’importe où ailleurs.

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