La folle évasion

Publié le13 mars 2018 » 1369 Views»

illustration porte de Gamilly
La chronique du passé par l’Agence de Tourisme Temporel Vernonnaise

1643 – Richelieu, puis Louis XIII viennent de s’éteindre à six mois d’intervalle.
Par Alexandre Révérend

La France sort victorieuse d’un conflit militaire de trente ans avec l’Espagne. Comme beaucoup de villes du pays, Vernon reçoit son lot de prisonniers espagnols. Ceux-ci seront au nombre de 191, enfermés dans l’une des deux tours de la porte de Gamilly, cinquième entrée de la ville fortifiée, celle qui correspond de nos jours à la place de Paris.

La cinquantaine d’hommes, tassés au rez-de-chaussée de la tour dans des conditions insalubres, va décider de creuser secrètement le sol chaque nuit durant des mois. Ils commencent par retirer deux dalles pour forer sous chacune d’elles deux galeries souterraines différentes. La terre provenant des excavations est piétinée et répartie avec tant de soin que les bourgeois chargés de visiter chaque jour les prisonniers ne constateront rien d’anormal.

Un soir, la sentinelle entend un bruit insolite et aperçoit malgré l’obscurité un homme sortant de terre. Il donne aussitôt l’alarme en déchargeant son arme sur lui. Au bruit de la détonation, les gardes accourent avec des torches et découvrent l’orifice du tunnel. L’un des fuyards est arrêté à l’instant même où il sort la tête. On sonne la cloche de la collégiale, amenant ainsi la population à descendre dans les rues. Le lieutenant-général Darmonville ordonne que les diverses issues de la ville soient étroitement gardées, histoire d’éviter la fuite des prisonniers qui s’y seraient cachés.

Il dépêche le reste de la garnison hors des murailles à la poursuite des fugitifs. L’enquête révélera la disparition d’au moins quarante Espagnols. L’échec partiel de l’évasion de nos taupes ibériques est lié à leur difficulté d’évaluation de la distance à parcourir sous terre avant de déboucher loin de la vue des sentinelles. Après d’actives recherches, seize prisonniers seront retrouvés à l’intérieur de la ville, à Port-Villez, Blaru, ainsi que dans la forêt de Bizy. Les vingt-quatre autres ne seront jamais repris.

Pour une exposition, nous recherchons épaves et objets rescapés des bombardements. ATTV : 06 11 97 15 28

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