La rencontre : Camille Ravinet Viticulteur à Giverny

Publié le30 janvier 2019 » 717 Views»

Les coteaux de la Seine étaient le premier vignoble de France avant le XIXe siècle

Faire revivre le vignoble des coteaux de la Seine, voilà la mission que se donne Camille Ravinet, jeune paysagiste de formation. Grâce au financement participatif, il a acheté des vignes pour sa parcelle de 90 ares située à Giverny. Elles seront plantées le 15 mars.

Photo Camille Ravinet-2

Comment vous est venue l’idée de faire du vin à Giverny ?

Lors de mon BTS en aménagements paysagers, j’ai appris que les coteaux de la Seine étaient le premier vignoble de France avant le XIXe siècle. Je souhaite faire revivre cette entité paysagère et y replanter des rangs de vignes. J’ai eu la chance de rencontrer Monsieur Porcher qui a entretenu cette parcelle à Giverny. A l’origine, je pensais m’implanter dans ma ville, Bennecourt, mais j’ai eu cette opportunité. C’est une aubaine car les coteaux sont identiques, mais avec une image commerciale extra. Néanmoins, je veux créer mon identité, ce ne sera pas un produit touristique. Même si Giverny va m’aider à vendre, le terroir est le même qu’à Vernonnet ou Bennecourt.

Planter du vin en Normandie, ça peut sembler saugrenu ?

Avant, il y en avait. Le terroir s’y prête et, malheureusement, le réchauffement climatique y est profitable. Ce sera un vin blanc sec car je vais planter du Chardonnay. La terre doit encore s’exprimer pour qu’il ait le goût d’ici. Les premières années, c’est le domaine bourguignon Vernet, dans le Chablisien, qui m’accompagne pour le pressoir. J’avais besoin d’un gros financement pour acheter les pieds de vigne. J’ai reçu des aides du département et de la région ainsi que la visite de Sébastien Lecornu qui est un des meilleurs soutiens du projet. Certains commerçants de Vernon sont également intéressés comme la Cavavin.

Pourquoi avoir choisi l’agriculture biologique ?

C’est une façon de la défendre dans un département où l’agriculture conventionnelle domine et d’encourager la diversification des cultures dans des parcelles plus petites. Je souhaite avoir un impact social positif en défendant une agriculture bio et diversifiée qui change des exploitations céréalières de l’Eure. Ici, on est dans une logique où les jeunes partent faire leurs études à Paris et travaillent dans le tertiaire, cependant nous sommes de plus en plus nombreux à retourner à la campagne. J’ai 24 ans, il faut être jeune pour y croire et se lancer dans ce projet.

 

 

 

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