La rencontre : Gaël Musquet, hacker citoyen

Publié le10 mai 2019 » 221 Views»

Maintenir les réseaux de communication et alerter les populations en cas de catastrophe, voilà la mission de Gaël Musquet, professionnel de l’informatique installé à Vernonnet. Un engagement citoyen qui lui a valu d’être décoré de l’ordre national du Mérite par Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales, en avril.

Photo La Rencontre Gaël Musquet-2

Lors de séismes ou d’inondations, j’ai lu la détresse dans les yeux des gens. C’est cette panique que je veux éviter.

 

Qu’est ce qu’un hacker citoyen ?
Un hacker, c’est quelqu’un qui démonte un système et l’analyse afin de voir s’il est sûr. Il est, en quelque sorte, le système immunitaire d’internet. Comme les villes sont de plus en plus connectées, le hacker est devenu le système immunitaire de la ville. Ainsi, le gouvernement fait appel à des hackers éthiques afin de vérifier tout ce qui est connecté : internet certes, mais aussi les réseaux radios, l’alimentation en énergie ou les axes de communication. Tout cela permet d’être préparé en cas de crise ou de catastrophe naturelle.

 

Quel est votre parcours ?
A 9 ans, j’ai survécu à un ouragan en Guadeloupe. Ma vocation est née là. Lors du séisme de 2010 en Haïti, j’ai aidé, avec d’autres hackers d’OpenStreetMap, à cartographier les zones en crise. Ca a été le début de mon engagement, devenu mon métier en 2015. Avec mon association, Hackers Against Natural Disasters, et CxLinks, mon entreprise, je travaille surtout sur l’alerte des populations en cas de crise majeure. Et si je parle autant de catastrophes, ce n’est pas par pessimisme, mais parce que, lors de séismes ou d’inondations, j’ai pu lire la détresse dans les yeux des gens. C’est cette panique que je veux éviter en leur apportant les premiers secours en matière d’information.
Que développez-vous à Vernon ?
Je suis employé par la Base aérienne 105 d’Evreux et je vis à Vernon depuis 2012, c’est mon laboratoire. Vernon est un vrai terrain de jeu pour la gestion de crise car il y a un fleuve, des forêts, un site technologique majeur, des substances industrielles qui transitent… J’ai une station qui me permet de surveiller la Seine et le ciel 24h/24. Je travaille également avec le radio-club amateur pour assurer les communications en cas de catastrophe. Pour le moment je collecte des données mais j’espère faire de Vernon une ville résiliente, capable de se remettre rapidement d’une crise. Ainsi, j’aide l’État à développer de nouveaux moyens d’alerter les citoyens, par la bande FM ou la 5G par exemple.

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