Vernon célèbre le centenaire de l’armistice de 1918

Publié le6 novembre 2018 » 284 Views»
L’an dernier, les commémorations étaient marquées par le centenaire de la terrible année 1917, ce 11 novembre 1918 sera quant à lui frappé du sceau de la paix.

L’an dernier, les commémorations étaient marquées par le centenaire de la terrible année 1917, ce 11 novembre 1918 sera quant à lui frappé du sceau de la paix.

100 ans après la fin de la Première guerre mondiale, rendons hommage à ceux qui sont morts pour la France et célébrons la paix.

repères dossier centenaire 14 18 VernonLe 11 novembre 1918 à 11 heures, des volées de cloches résonnaient pour annoncer la signature du cessez-le-feu entre la France et l’Allemagne. Après 4 ans d’une mobilisation totale, la liesse l’emportait malgré l’effroyable bilan humain, plus d’un million et demi de Français ayant péri. À l’occasion du centenaire de l’armistice, la municipalité et ses partenaires organisent une cérémonie et plusieurs animations pour accomplir notre devoir de mémoire, tout en nous replongeant dans cette époque pas si lointaine.

Objets, chants et images de la Grande Guerre

Mieux connaître la Première guerre mondiale, c’est justement le but de l’exposition présentée à l’Espace Philippe Auguste les samedi 10 et dimanche 11 novembre. Sa première partie nous invite à explorer le quotidien des soldats. « Nous avons voulu exposer des objets d’époque, collectés pour l’occasion », explique Jean Le Lostec, président du Comité d’Entente des Associations Patriotiques de Vernon (CAPV), qui réunit 8 associations d’anciens combattants et chapote l’évènement. « On peut voir des objets ayant appartenu à des poilus mais aussi des affiches de propagande », rajoute-t-il. Le spectateur découvrira ensuite une soixantaine de photos de 1914-1918 redéveloppées avec les moyens modernes par le GPRV, le club photo de Vernon. « Ce sont des photos de reportage qui illustrent la dureté de la chose, certaines ne sont pas très gaies », décrit Jean Le Lostec. Deux stéréoscopes permettront d’ailleurs de les visionner comme à l’époque. La visite se terminera par la présentation des drapeaux des associations patriotiques de Vernon dont le but est d’entretenir la mémoire de ceux tombés au combat.

Deux temps forts marqueront cette exposition. Le samedi de 15h45 à 17h, le chœur vernonnais Semper Viret interprètera une quinzaine de chants d’époque. « Nous avons voulu, avec la chorale, retracer la vie des femmes durant la guerre », détaille Jean Cauz, le secrétaire du CAPV, « des chants de guerre et des chants populaires seront à l’honneur ». Le spectacle, en partie théâtralisé, fera revivre les différents épisodes du conflit avec des mélodies célèbres, comme La Madelon ou Le Chant du Départ, et d’autres plus confidentielles comme La Marseillaise du Retour, qui célèbre la paix. Pour souligner le caractère mondial de cette guerre, des chants allemands, américains, britanniques et maoris seront également entonnés. Avant et après le concert (à 14h15 puis 17h30), l’historien local Jean Baboux interviendra lors d’une conférence d’une heure intitulée Regards et réflexions sur la Grande Guerre.

La violence inédite du conflit a profondément marqué les artistes de l’époque comme le montre la nouvelle exposition du musée de Vernon.

La violence inédite du conflit a profondément marqué les artistes de l’époque comme le montre la nouvelle exposition du musée de Vernon.

Sur le même thème, le musée de Vernon propose une exposition intitulée 1914-1918 : la force des images. « Cette exposition a un angle un peu particulier car nous sommes un musée des beaux-arts », explique Jeanne-Marie David, la directrice, « nous abordons donc la guerre par le biais de l’image, d’une façon pédagogique, pour honorer le devoir de mémoire, mais aussi à travers la vision personnelle d’artistes de l’époque ». S’y mêlent des affiches officielles et des œuvres originales de Vallotton, Steinlen ou encore Maurice Denis. La sélection permet de comprendre la vie des Français pendant le conflit, mais aussi comment celui-ci a transformé l’art.

Avec l’Agence de Tourisme Temporel Vernonnaise revivez l’armistice

Grâce à la fiction 3D de l’Agence de Tourisme Temporel Vernonnaise, revivez la journée du 11 novembre 1918 à Vernon.

Grâce à la fiction 3D de l’Agence de Tourisme Temporel Vernonnaise, revivez la journée du 11 novembre 1918 à Vernon.

Pour s’immerger encore plus profondément dans l’atmosphère de l’époque, un voyage dans le temps en 3D sera présenté tout le week-end. Sur le Quai Penthièvre, l’Agence de Tourisme Temporel Vernonnaise vous convie sous son chapiteau. Grâce à des casques de réalité virtuelle, vous découvrirez l’effervescence régnant à Vernon lors de l’annonce de l’armistice, en compagnie du célèbre peintre Fernand Léger qui s’y installe en 1918. « Nous avons souhaité représenter cet instant à un lieu, le quai, qui à l’époque était un endroit très populaire, le tout dans l’esprit des foires des années 1910 », détaille Alexandre Révérend, à l’origine de ce projet 100% vernonnais.

Une cérémonie qui mêle les générations

La matinée du dimanche 11 sera consacrée à la cérémonie commémorative qui débutera à 9h par un office à la collégiale Notre-Dame et se poursuivra à 10h au carré militaire du cimetière. A 11 heures, un piquet d’honneur de la base aérienne 105 d’Evreux se recueillera en présence d’élus et de membres des associations patriotiques vernonnaises auprès du monument de la place du Souvenir Français. La jeunesse sera également représentée par la classe défense et sécurité globale du collège Cervantès qui participera au dépôt de gerbe aux côtés de leurs camarades du collège Jeanne d’Arc. La chorale de l’école primaire Maxime Marchand interprètera ensuite deux chants : Le soldat et Copains du monde. Cet hommage aux morts aux champs d’honneur sera finalement couronné, sauf intempéries, par le saut de 4 parachutistes qui viendront se poser près de la place en souvenir des 388 Vernonnais tués pendant la Première guerre mondiale. La cérémonie sera clôturée par un vin d’honneur en présence de l’orchestre philharmonique de la ville à 12h15 à l’Espace Philippe Auguste.

Voir le programme complet

Des collégiens entretiennent le devoir de mémoire

Le 19 octobre, le commandant de la base aérienne d’Evreux a signé la convention établissant le partenariat avec le collège Cervantès.

Le 19 octobre, le commandant de la base aérienne d’Evreux a signé la convention établissant le partenariat avec le collège Cervantès.

19 élèves de 3e du collège Cervantès chanteront la Marseillaise et déposeront une gerbe lors de la cérémonie du 11 novembre à Vernon. Tous font partie de la nouvelle classe « défense et sécurité globale » qui vient d’être créée grâce à la signature d’un partenariat entre le collège et la base aérienne 105 d’Evreux. « Ce parrainage va permettre aux élèves de découvrir les différents métiers de l’armée de l’air tout en les éduquant à la citoyenneté », explique Aude Terzi Belveau, la principale de l’établissement. Des militaires interviendront régulièrement devant les adolescents, avec pour objectif « de réfléchir à ce que signifie défendre son pays et les valeurs républicaines », comme l’affirme le colonel David Desjardins, commandant de la base. Une heure par semaine sera donc dédiée à ce projet, les professeurs intervenant à tour de rôle sur un thème de leur discipline lié à la défense. « L’idée est d’allier la théorie à la pratique », détaille Sébastien Ratte, professeur d’histoire-géographie, « car connaître l’armée c’est finalement connaître la République ». Les élèves, tous volontaires, se sont surtout inscrits par curiosité. Mais l’armée espère susciter des vocations. « Le but n’est pas de faire du recrutement, mais seulement de former des citoyens », tient néanmoins à souligner l’enseignant.

André Goudeau Historien local président d’honneur du Cercle d’Etudes Vernonnais3 questions à…

André Goudeau

Historien local, Président d’honneur du Cercle d’Etudes Vernonnais

Comment vit-on à Vernon pendant la Première guerre mondiale ?

Il y a des problèmes de ravitaillement. La viande manque et le préfet en interdit la vente deux jours par semaine à partir de 1917 et des cartes de rationnement sont imposées. La presse est censurée et les trois journaux sont régulièrement caviardés, laissant des blancs dans leurs colonnes. Emile Steiner, le maire, est un Alsacien qui a fui l’occupation de sa région par les Prussiens en 1871. Elu en 1913, il est très patriote et sait rassembler les citoyens. Il reste tout de même des distractions, des pièces et des films sont présentés au théâtre.

Quel est le rôle de la ville pendant le conflit ?

La plupart des hommes sont partis au combat mais il y a beaucoup d’hôpitaux pour soigner les blessés. Il y a l’hôpital Saint-Louis mais également beaucoup de bâtiments réquisitionnés pour cela comme le château de Bizy, au total 20 000 blessés auraient été soignés dans la ville, la plupart arrivés par le train. A la caserne, appelée le Quartier Avenay, on fabrique et répare du matériel pour le front. D’ailleurs elle est victime, dans la nuit du 14 au 15 août, d’un bombardement par des avions allemands, les Gothas, qui ne fait pas de victimes.

Quelle est l’ambiance lors de l’annonce de l’armistice ?

Dès le 11 novembre 1918, les journaux annoncent le cessez-le-feu. Les gens descendent dans la rue, certains pavoisent leur maison de drapeaux et les cloches de la collégiale sonnent. Les archives décrivent une « joie indéfinissable ». Des soldats belges arrivent de Port-Villez, les hymnes français et belge sont chantés devant la mairie. C’est à la fois une fête populaire et l’expression d’un soulagement. Quelques jours plus tard, une cérémonie a lieu devant le monument des Ardéchois.

 

 

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