Exposition|dans le jardin secret des peintres

Publié le1 juin 2021 » 50 Views»
Tissot James (dit), Jacques Joseph (1836-1902). Paris, musÈe d'Orsay. RF2254.

Tissot James (dit), Jacques Joseph (1836-1902). Paris, musÈe d’Orsay. RF2254.

Depuis sa réouverture, le Musée des Impressionnismes Giverny (MDIG) propose une grande exposition dédiée aux jardins impressionnistes et nabis.

Initialement prévue pour le 1er avril, « Côté Jardin » a ouvert ses portes le 19 mai. Et c’est bien une exposition printanière que nous propose le musée à l’occasion du déconfinement. Le public pourra, néanmoins, en profiter jusqu’à l’automne puisque celle-ci se clôture au 1er novembre. A première vue, le thème du jardin dans la peinture impressionniste semble classique. C’est pourtant un éclairage inédit que nous propose ici le MDIG. A travers une centaine de toiles, l’exposition évoque l’expérience intime du jardin par le peintre, en un mot : son ressenti. Exit les débats horticoles, place aux écrins de verdure propices à la rêverie.

« Côté Jardin » se veut chronologique et thématique. L’exposition embrasse tout le spectre de la peinture impressionniste avec des artistes tels que Monet, Renoir, Vuillard ou Bonnard. Six grands thèmes sont également abordés. Le jardin apparaît d’abord comme un endroit indécis, entre nature et artifice, lieu d’expérimentation pour des peintres comme Sisley ou Pissarro. C’est aussi le paysage idéal de l’absence et de la rêverie, états personnifiés par la figure féminine dans les toiles de James Tissot ou Marie Bacquemond. Durant le XIXe siècle et la Belle Epoque, squares et jardins se multiplient dans l’espace public. Autant de nouveautés urbaines qui n’auront de cesse d’inspirer le groupe des nabis, ces peintres qui, comme Maurice Denis ou Paul Sérusier, s’éloignent de l’impressionnisme. Artistes de l’intime, leur représentation picturale du jardin tend vers celle d’un refuge à l’image d’une Arcadie retrouvée. C’est notamment le cas chez Ker-Xavier Roussel, peintre auquel le MDIG avait déjà dédié l’exposition « Jardin privé, jardin rêvé » (2019). Dans sa dernière partie, « Côté Jardin » clôt la boucle avec le retour des nabis aux sources de l’impressionnisme. Grâce à de nombreux prêts du Musée d’Orsay et de collections particulières, l’exposition nous offre la balade idéale pour guérir de longues semaines d’enfermement. Elle est, par ailleurs, complétée par un accrochage temporaire, « L’Art des jardins », au musée de Vernon.

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