MARC DUFUMIER| Ingénieur agronome

Publié le14 novembre 2019 » 264 Views»
En utilisant les processus biologiques, on peut nourrir plus de 10 milliards d’humains

En utilisant les processus biologiques, on peut nourrir plus de 10 milliards d’humains

Enseignant-chercheur et ancien professeur à AgroParisTech, Marc Dufumier donne une conférence vendredi 15 novembre (20h30) à l’Espace Philippe-Auguste sur le thème de l’agriculture de demain. Et pour lui pas de doute, le futur passe par l’agro-écologie.

Quel sont les futurs possibles pour l’agriculture ?

Il y en a deux. D’un côté la poursuite de son industrialisation massive. Mais ce scénario est illusoire si l’on désire un revenu correct pour les paysans, une agriculture durable et une alimentation saine. Sur le plan économique, social et écologique, sa poursuite est sans avenir. Par contre, un autre futur est envisageable avec une agriculture radicalement différente, révolutionnaire. S’inspirant de l’agro-écologie scientifique, elle est hypermoderne mais ressuscite des savoir-faire du passé.

En quoi consiste-t-elle ?

Cette agriculture fait l’usage intensif de ce qui est gratuit et renouvelable. Par exemple, dans notre alimentation nous avons besoin d’énergie : ces kilocalories viennent du soleil. Nous devons donc capter ses rayons avec le maximum de feuilles vertes. Pour cela, il faut que les plantes soient bien alimentées en eau. La pluie ne doit donc plus ruisseler mais s’infiltrer dans le sol : il faut remettre des haies et augmenter la couverture végétale. Pour que ce sol soit poreux, on fait confiance aux vers de terre ou aux mauvaises herbes. Souvent, la biodiversité nous aide. Les minéraux peuvent être captés dans le sous-sol grâce aux arbres : on recrée des bocages, cela fertilise le sol. On n’éradique plus les ravageurs avec des produits en « -cide » mais on minore leur action grâce aux insectes, oiseaux et aux associations de cultures. Si on fait l’usage intensif de ces processus biologiques, on peut nourrir plus de 10 milliards d’humains.

Comment en arriver là ?

Il faut envisager la transition agro-écologique. Aujourd’hui, l’agriculture bio est celle qui répond le plus à ces impératifs, mais elle doit se perfectionner. Ce nouveau type d’agriculture peut se pratiquer sur des petites ou des grandes exploitations et faire appel à la mécanisation ou la robotisation. Intensif en travail, il créera des emplois qui devront être correctement rémunérés, mais là il s’agit de choix politiques. Il y a donc toutes les raisons d’être optimiste, alors qu’est-ce qu’on attend ?

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