Soldes d’hiver, c’est l’heure des comptes

Publié le20 février 2018 » 904 Views»

Magasin avec pancartes soldes-2Lancés le 10 janvier, les soldes d’hiver se sont achevés le 20 février. Quel bilan pour nos commerçants vernonnais ?

S’ ils relevaient jadis du sacré, les soldes n’ont aujourd’hui plus la cote. « Il y a eu un peu d’émoi les premiers jours, remarque Atoosa Debarre, propriétaire du magasin de bijoux Zibellule (31 rue Ste Geneviève). Et ça s’est vite calmé ! » Même son de cloche chez le maroquinier Lena (16 rue Carnot). « Ça marche quatre jours la première semaine, explique Lena Delorme, la propriétaire des lieux. Je propose donc, dès le début, jusqu’à 50% de réduction pour tenter d’en tirer parti. Mais c’est dur ensuite ! ». « Le mois de janvier n’est pas un bon mois », confirme Anne Boullay, responsable du magasin de vêtements pour enfants Sergent Major (23 rue aux Huiliers).

Des soldes à rallonge

À qui la faute ? « Nous souffrons de la concurrence d’Internet », avance Lena Delorme. Qui n’a pas, en effet, été tenté par le « clic », qui permet d’éviter cohue et déplacement physique ? Reste que le raz-de-marée digital n’explique pas tout. « Les clients ont tout dépensé à Noël », assure Atoosa Debarre. « Les gros paniers moyens d’il y a quelques années n’existent plus », confirme Anne Boullay.

Pointée du doigt également, la durée des soldes de six semaines, jugée trop longue par de nombreux commerçants : « jusqu’au 20 février ! C’est trop long, s’insurge Atoosa Debarre. L’intérêt se dilue ! »

Les soldes à rallonge ne génèreraient plus d’urgence ni d’envie. Et que dire de la météo catastrophique qui n’a pas encouragé les Vernonnais à s’adonner au lèche-vitrines : « La pluie ne nous a pas aidés ! », se désole la créatrice de bijoux. Et si la véritable explication était ailleurs ? Et si les bonnes affaires, qui se multiplient toute l’année, contribuaient inexorablement à la décote des soldes ? « Les gens entendent parler de promotions toute l’année, souligne Sabrina Plessis, conseillère de vente chez « Grain de malice » (7 rue du Soleil). Du coup, ils en ont marre des soldes ! À la boutique, on marche d’ailleurs mieux sur les ventes privées ». Pulvérisé, le pouvoir d’attraction des soldes ? « Les clients n’attendent plus les soldes comme avant, note Anne Boullay. Entre les présoldes, les promotions et autres ventes privées, ils ont déjà acheté tout ce qu’il leur fallait avant ! »

Une nouvelle logique marketing qui nuit, d’ailleurs, aux petits commerçants indépendants : « Le black friday, les ventes privées, les promotions, les soldes… Je ne peux pas me permettre tout ça, lance Atoosa Debarre. Impossible de proposer autant de rabais que les grands groupes ! »

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Sabrina Plessis, conseillère de vente chez Grain de Malice : « en toute fin de soldes, on a proposé des prix ronds« .

« Un premier samedi extraordinaire ! »

N’en concluez pas que le bilan est, pour tous, maussade. Car il est des commerçants qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu ! « Pour ma part, je n’ai fait aucune promotion dans l’année, explique Maïa Herrgott, dirigeante du magasin de vêtements pour hommes « Fer 7 » (16 place de- Gaulle). Je n’ai pas proposé, non plus, de soldes privées, car ma clientèle y est moins sensible. Du coup, les gens sont venus à mes soldes ! Le premier samedi a même été extraordinaire ! C’est un bon cru pour moi ».

À la mi-février, les moins chanceux, toujours dans la compétition, n’avaient pas dit leur dernier mot : « Je mise sur la fin des soldes car les clients guettent les dernières démarques, explique Anne Boullay. Et puis, avec le stationnement désormais gratuit, le vendredi à partir de 16h30, j’espère que les Vernonnais viendront acheter en centre-ville… » Reste que le désamour des Français pour les soldes est flagrant. Car Vernon est loin d’être une exception.

Invention commerciale du XIXe siècle visant à vendre les invendus, les soldes vont devoir se réinventer !

Elles l’ont dit :

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Délia, étudiante à Vernon

J’ai trouvé les soldes intéressants, j’ai profité de bons rabais, surtout sur les petits articles. En règle générale, je préfère acheter en boutique plutôt que sur internet.

 

Sans titre

Florence, travaille à Vernon

J’ai trouvé mon bonheur dans les boutiques. J’ai repéré des articles en soldes mais j’ai surtout craqué pour les nouvelles collections !

Le chiffre : 4 semaines C’est la durée des soldes d’hiver qui pourrait être proposée par le Gouvernement à compter de 2019, au lieu de 6 semaines actuellement.
30% C’est le taux moyen de réduction proposé par les commerçants vernonnais au début des soldes.
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