La chronique du passé : nos ancêtres vernonnais

Publié le2 avril 2019 » 613 Views»

L’île Corday, grignotée un peu plus chaque année, recèle un incroyable mystère.

par Alexandre Révérend

Archives municipales Vernon

Archives municipales Vernon

 

1947 : À l’occasion du creusement d’un nouveau chenal dans la Seine, en amont de cet îlot, les premiers dragages mettent à jour une impressionnante quantité d’armes, de boulets de pierre et autres projectiles, épées gauloises, sabres vikings, pointes de lances, poteries en provenance d’époques diverses. La plupart de ces objets sont alors versés aux collections municipales. C’est le cas des boulets de catapultes qu’on trouve de nos jours à l’entrée du musée de Vernon. Seul un géant pourrait les soulever et s’en servir comme cochonnets lors de gigantesques parties de pétanque sur les pavés de cette petite cour ! D’autres, parmi les nombreuses armes repêchées, ont été offertes à des musées rouennais. Mais la découverte la plus extraordinaire reste sans conteste celle d’environ 4000 pieux en chêne, plantés dans le lit du fleuve. D’un diamètre d’une vingtaine de centimètres chacun, équarris, ils étaient peu espacés les uns des autres. Seule leur partie enfoncée dans la vase était demeurée intacte et affichait une hauteur estimée de 1 à 1,50 mètres. Alerté par l’entrepreneur, l’historien et spécialiste de la préhistoire Alphonse-Georges Poulain ne tarde pas à rendre ses conclusions : selon lui, il ne peut s’agir que des vestiges d’une ancienne cité lacustre, construite probablement vers la fin du Néolithique, soit environ 3 000 ans av. J.-C. Prenant assise au centre de l’île Corday, la zone s’étale sur 200 mètres en amont pour une largeur de 85 mètres. Ces constructions sur pilotis, plus généralement bâties sur des lacs, permettaient à un clan de profiter de sa présence sur l’eau pour pêcher, tout en demeurant à une distance prudente de la berge, hors de portée des attaques de bêtes féroces ou d’ennemis nomades.

On peut aisément imaginer que ces premiers Vernonnais utilisaient la surface de l’île, bien plus large alors qu’aujourd’hui, pour y cultiver des légumes, des fruits et y faire paître du bétail. En y ajoutant le produit de leur pêche, ce peuple était entièrement autosuffisant. Il s’agit là de la plus ancienne trace de population découverte à hauteur de la ville actuelle. Déjà, un demi-siècle plus tôt, lors de travaux d’approfondissement du port, on avait retrouvé dans la vase de la rive gauche une pirogue taillée dans un tronc de bois daté de la même période. Clé usb, bouteille en  plastique, roue de scooter : parmi nos objets usuels, quels sont ceux qui traverseront les millénaires et retiendront l’attention de nos éventuels et lointains descendants ?

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